Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs les élus, chers collègues,

En 2019, 135 millions de tonnes de gaz à effet de serre ont été émises en France par les mobilités, hors liaisons aériennes internationales, 70% d’entre elles venant des voitures et des camionnettes.

Ce constat suffit à démontrer que la réduction de l’usage de la voiture en ville est un enjeu essentiel pour accélérer la transition écologique.

Dès lors, on ne peut que souligner la pertinence des projets permettant de réaménager l’espace public, de renforcer la trame végétale tout en équilibrant les usages.

Mais en l’état, ce projet tel qu’il est présenté par votre exécutif souffre d’un défaut majeur.

Son postulat de départ semble en effet considérer que la Ville de Lyon est une île coupée du monde où toute politique engagée n’aurait pas besoin de prendre en compte les territoires limitrophes.

La délibération que vous nous soumettez explique que les flux empruntant cette rive droite ne comportent peu ou pas de circulation de transit.

Mais de quoi parle-t-on puisque vous avez exclu de cette définition tous les trajets intra-métropole !

Il est alors facile de dire que la Rive droite ne comprend pas de circulation de transit !

Pourtant ces trajets de transit existent bel et bien et restent réalisés majoritairement en voiture.

Une nouvelle fois, votre dogmatisme sans discernement est à l’œuvre : vous traquez sans relâche le véhicule individuel mais refusez de fournir des alternatives décarbonées à la population !

– Vous refusez de favoriser des transports en commun capables de supporter le report d’usagers qui serait issu d’un abandon de la voiture.

 – Vous refusez tout autant de développer sur le mandat des parc-relais permettant de favoriser le rabattage sur les lignes structurantes existantes.

Ah si pardon, je précise !

Vous acceptez les parcs-relais pour les TER ; autrement dit à partir du moment où la Région les aménage puisque les TER relèvent de ses compétences.

Nous retrouvons bien là cette approche qui vous est si chère : reporter la responsabilité sur les autres.

Vous nous dites aussi être pour les parcs-relais dans le cadre du RER à la Lyonnaise dans lequel vous vous estimez prêts à injecter des millions.

Mais qui espérez-vous tromper ?

Vous refusez le métro E ou l’extension du métro B jusqu’à Rillieux en raison du coût représenté par l’opération mais vous accepteriez de mettre des millions d’euros dans un RER !!?

En contraignant l’usage de la voiture avec un tel projet de requalification de la rive droite, sans proposer d’alternative, vous enclavez Lyon comme s’il s’agissait d’une île coupée du monde !

Cette approche sectaire et dogmatique ne s’arrête pas là et se retrouve dans le dossier de la ZFE, également à notre ordre du jour.

Rappelons que les aides prévues par la Métropole de Lyon pour acquérir un véhicule pouvant rouler dans la ZFE après 2026 – soit les Crit’Air 1 ou 0 – atteignent au maximum 2000 € … Et sont exactement les mêmes que pour un vélo électrique.

Ces aides sont donc ridicules devant le prix de base d’un véhicule électrique : autour de 20 000 € en moyenne.

Et la Ville de Lyon ayant refusé de compléter ces aides, les exécutifs métropolitains et municipaux abandonnent donc, une nouvelle fois, les plus modestes !

Bilan de cette politique de mobilités aveugle et dogmatique :

  • Un maintien de l’usage de la voiture et de la pollution qui va avec car, faute d’alternatives, pourquoi voulez-vous que nos concitoyens abandonnent leur véhicule ?
  • Mais surtout, au-delà de l’aspect environnemental, qui en pâtit le plus ?

Les plus précaires : Ceux qui ne peuvent plus habiter à Lyon car, faute de construction nouvelle, les prix explosent. Ceux qui habitent trop loin pour prendre le vélo ou dont l’offre de transports à proximité est déjà saturée. Ceux à qui, à cause de vous, n’ont pas d’autres choix que la voiture !

Votre message à leur égard est limpide : « Nous vous avons exclu en périphérie de Lyon, vous n’avez qu’à y rester ».

Une fois de plus, ce sont les plus défavorisés qui seront les victimes de votre concertation d’opérette. Voilà la réalité de l’action de votre majorité ECOLO- NUPES : elle n’est ni populaire, ni écologique, et encore moins sociale ! Je vous remercie

Intervention de Anne-Sophie Condemine au Conseil municipal de Lyon du 7 juillet 2022.

Rapport n°2022/1942.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.