Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs les élus, chers collègues,

Le diagnostic social présenté dans cette délibération est celui de la grande précarité du quartier entourant la Place Gabriel Péri et plus largement de la Guillotière.

Cette précarité nourrit un cadre de vie dégradé et sous tension.

Ces constats ne surprendront personne dans cette assemblée et la préoccupation est partagée, j’en suis sûr, par toutes et tous ici.

Néanmoins, nous devons souligner que la politique de cette majorité dans ce secteur se borne à une liste de promesses non tenues.

  • Tout d’abord, je voudrais évoquer le passage piéton installé entre la Place Gabriel Péri et la Place Ballanche.

Loin d’apaiser le secteur et d’y fluidifier les circulations, il n’a fait qu’accroitre la tension sur les flux et les nuisances sonores.  Pire, il ne sert visiblement à rien : les riverains continuent d’emprunter les anciens passages piétons, bien plus sécurisés. La Métropole avait promis de modifier le dispositif. Cette promesse n’a toujours pas été honorée, pas plus que celle de changement du tram.

  • Les dégradations règnent par ailleurs en maîtresses dans le quartier :

–       Place Mazagran :

La consommation désinhibée de drogues illicites – dont le prix est affiché librement – laisse des traces telles que des seringues usagées dans les copeaux de bois habillant une aire de jeux pour enfants.

Les feux d’artifice sauvages ne se comptent plus.

Les femmes ne peuvent plus circuler sereinement.

Les nuisances sont nombreuses et permanentes, et vont donc en s’accentuant. J’ajoute que :

–        les poubelles débordent ;

–        tout comme les restes d’alcool de bars clandestins ;

–        que dire des traces d’urines un peu partout ?

Il ne s’agit pas de dégradations faites au hasard, mais il s’agit bien pour quelque’uns de marquer leur territoire. Il suffit d’écouter les riverains pour comprendre le désarroi des Lyonnais.

Cette soit disant végétalisation égayée par vos urinoirs échoue largement à masquer, là-encore, la promesse non tenue du « zéro déchet ».

  •  Enfin, cet exécutif est habitué à reporter ses responsabilités sur l’Etat. Mais il ne pourra malheureusement pas le faire ici :

La Brigade Spécialisée de Terrain (BST) déployée à la Guillotière et autour de Part-Dieu fournit un travail jugé « formidable » par Nathalie Balmat, présidente de l’association « La Guillotière en colère », dont nous saluons l’action au quotidien.

Si les problématiques de la Guillotière ne sont pas de votre fait et ne sont pas apparues sous votre mandature, les réponses que vous y apportez, en revanche, vous appartiennent.

En l’occurrence, la liste de demi-mesures et de promesses non tenues que je viens de décliner n’est pas en votre faveur.

J’ai peur qu’elle ne suggère que cette majorité – contrairement à ce qu’elle se plait à répéter – ne fasse bien peu de cas des quartiers populaires.

Il vous reste pourtant un peu plus d’un demi-mandat pour changer la donne.

Bien sûr, l’Etat et la Métropole ont leur part de responsabilité.

Mais il n’appartient qu’à vous de décider de devenir la force motrice d’un nécessaire changement.

Je vous remercie de votre attention. 

Intervention de Charles-Franck Lévy au Conseil municipal de Lyon du 7 juillet 2022.

Rapport n°2022/1826.

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