Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs les élus, chers collègues,

Je profite de cette délibération sur la ligne de tramway T10 pour vous interpeller sur un autre sujet de mobilités d’envergure : le Lyon-Turin.

Par ses récentes déclarations dans la presse, Bruno Bernard a été clair sur sa position : il est rigoureusement contre.

En conséquence, la Métropole quittera donc prochainement le Comité pour la Transalpine et ne versera pas un euro supplémentaire pour le projet ferroviaire.

Je suppose que l’opinion de cette majorité municipale n’a pas changé depuis juillet 2020 et qu’elle reste fermement opposée au Lyon-Turin au prétexte que le chantier menace la biodiversité et qu’il existe déjà des lignes pour l’instant sous-exploitées.

Ce refus est symptomatique d’une vision étriquée difficilement conciliable avec le slogan du dernier mandat pour le climat.

En revenant sur votre refus, vous cesserez d’être les idéologues que vous êtes pour devenir  véritablement les artisans d’un avenir durable que vous prétendez être.

Je ne vais pas revenir sur votre projet de téléphérique qui n’a été qu’un caprice politique et qui a couté un temps précieux à l’urgence climatique sans compter le coût financier.

Alors, en examinant mieux les faits, vous vous rendrez compte que le Lyon-Turin offre l’opportunité d’une réelle avancée en matière de décarbonation de notre fret, ce qui je le rappelle, est un levier indispensable à l’heure de l’urgence environnementale et climatique.

Dire que le chantier du Lyon-Turin menace aujourd’hui la biodiversité autour de son itinéraire est vrai.

Mais grâce à lui, un million de camions seront retirés des autoroutes, dépolluant significativement l’atmosphère et en particulier les éco-systèmes alpins.

En outre, la ligne absorbera une part non négligeable des flux touristiques franco-italiens, contribuant à réduire le nombre de voiture sur les routes et d’avions dans le ciel.

Nous devons répondre à l’urgence climatique par ordre de priorité, aujourd’hui il est donc capital d’agir pour la décarbonation de nos transports. Cette vérité doit être dite et assumée en toute responsabilité. 

Les générations à venir sont en jeu.

J’entends aussi souvent dire qu’il existe déjà des lignes ferroviaires entre la France et l’Italie et qu’elles sont sous-exploitées.

Je sollicite donc le verdict formulé en 2019 par la Commission de sécurité intergouvernementale du Lyon-Turin.

Il est très clair : loin d’une sous-exploitation, les lignes historiques sont saturées.

En témoigne d’ailleurs le renforcement des règles de circulation des trains sur ces lignes pour éviter tout accident.

Refuser le Lyon-Turin revient donc à refuser l’opportunité d’agir tout de suite pour rendre durables les transports de marchandises et de  personnes.

C’est dire aux générations qui nous succèderont : « nous avions la possibilité de polluer beaucoup moins mais on ne l’a pas fait, on a manqué d’ambition à long terme à vous de vous débrouiller»

Or, à mon sens, faire passer un tel message constitue l’exact opposé du combat environnemental et climatique, stratégique.

Au-delà de cet aspect écologique absolument central, refuser le Lyon-Turin revient aussi à refuser le développement des échanges commerciaux entre la France et l’Italie.

D’avance, je sais que vous me répondrez : « tant mieux, on relocalisera ».

Cette réponse témoigne d’une incompréhension totale du concept de la relocalisation. Il s’agit de rapatrier en France les activités économiques qui, historiquement, y étaient possibles pour éviter des transports de marchandises inutiles.

Mais jamais la relocalisation n’a été synonyme d’autarcie et de repli sur soi.

D’ailleurs si ce projet n’avait pas également un intérêt pour le développement économique de notre territoire et de ceux de nos voisins européens, peut-être que vous auriez trouvé ce projet beaucoup plus en phase avec votre idéologie…

Monsieur le Maire,

Votre opposition au projet Lyon-Turin est une grave erreur. Elle révèle une nouvelle fois votre vision court-termiste destinée à contenter vos seuls militants au détriment des générations futures.

Je vous remercie.

Intervention de Ludovic Hernandez au Conseil municipal de Lyon du 20 septembre 2022.

Rapport n°2022/2087.

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