Notre groupe est très attentif à la lutte contre les violences à l’égard des femmes. Durant le mandat précédent, l’équipe de Gérard Collomb avait notamment mis à disposition du MAS (Mouvement d’Action Sociale), 5 appartements pour isoler et protéger les femmes victimes de violences.


Le 3 février dernier, lors de la venue de Marlène Schiappa la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Gérard Collomb alors Maire de Lyon avait pris l’engagement de créer, en partenariat avec l’Etat, un centre d’accueil des auteurs des violences conjugales à l’instar de celui qui existe à Arras dans le Pas-de-Calais. 


Nous avons donc adressé au Maire de Lyon des interrogations sur l’état de ce projet qui nous semble essentiel dans la lutte contre les violences conjugales. Nous souhaitons ardemment que ce projet soit repris par l’équipe municipale et qu’il voit le jour très prochainement.


Intervention de Delphine Borbon

Monsieur le Maire, Chers collègues,

La délibération qui nous est présentée ce jour nous permet de rappeler notre intérêt, notre soutien et notre volonté d’accompagner les plus fragiles d’entre nous.

La Ville de Lyon s’est engagée depuis plusieurs années dans la promotion de l’égalité, l’accès au droit pour toutes et tous et la lutte contre toutes les formes de discrimination.

Je salue à ce titre, le travail et les actions menées sur la politique sociale lors du précédent mandat, notamment en ce qui concerne la promotion des droits des femmes et de l’égalité femmes- hommes.

Cette dernière est une lutte à mener sur plusieurs fronts. Dans nos sociétés, malgré une certaine prise de conscience et des progrès législatifs, la question de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes peine à se concrétiser dans les faits et reste au centre des enjeux des politiques publiques, économiques et sociales.

Depuis le 4 novembre 16 h 16, les femmes travaillent « gratuitement » jusqu’à la fin de l’année en comparaison de leurs collègues masculins. Aujourd’hui dans la zone euro, une femme gagne 15 % de moins qu’un homme à travail équivalent, en France l’écart est estimé à 15,8 %.

La crise économique liée à l’épidémie de coronavirus les touche malheureusement plus particulièrement.

Parmi les secteurs d’activités les plus impactés par la crise on retrouve ceux qui emploient majoritairement un public féminin. La coiffure par exemple, secteur porté par 83 % de femme ou l’hôtellerie/restauration où 57 % des serveurs sont des serveuses.

Les femmes sont davantage exposées à la précarité, elles représentent 76 % des contrats à temps partiel, 85 % des foyers monoparentaux et plus de la moitié des personnes sans emploi depuis 2  ans ou plus…

Quelles solutions comptez-vous apporter et mettre en place sur ces aspects ?

Lorsque nous parlons politique à mener dans le cadre de l’égalité femmes-hommes nous ne pouvons faire l’impasse sur la lutte contre les violences faites aux femmes. L’ONU a proclamé en 1999 le 25 novembre comme journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes.

A cette occasion une action sera à nouveau menée cette année par la ville, dans la continuité des actions menées précédemment, et je félicite l’implication de toutes les mairies d’arrondissement en acceptant d’afficher leur soutien à cette cause.

En 2019, en France, 146 femmes ont été tués par leur conjoint ou ex-conjoint. (Notons également que 27 hommes ont été tués au sein de leur couple).

En moyenne on estime à 220 000 le nombre de femmes de 18 à 75 ans victimes au cours d’une année de violences physiques et/ou sexuelles commises par leur conjoint ou ex-conjoint.

12 % des françaises ont déjà été victimes de viol.

De nombreux acteurs, de nombreuses fondations et associations s’impliquent pour cette cause sur notre territoire. J’en profite pour rendre hommage à leurs actions et leur engagement.

Lorsqu’on agit pour lutter contre les violences dont les femmes sont victimes, une des réponses est d’isoler la victime afin de la protéger. Cela fait partie des actions menées, pour exemple, par le MAS, le mouvement d’action sociale. Cette structure accueille et héberge les plus vulnérables, en particulier des femmes en souffrance psycho-sociale et en situation d’exclusion. La ville de Lyon contribue à cette action, des logements ont notamment été mis à disposition, ils étaient au nombre de 5 lors du mandat précédent.

L’isolement de la victime est une solution mais il existe une autre possibilité sous exploitée aujourd’hui, la mise à l’écart de l’auteur des violences conjugales.

Le 3 février dernier, lors de la venue de Marlène Schiappa la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Gérard Collomb alors Maire de Lyon avait pris l’engagement de créer, en partenariat avec l’Etat, un centre d’accueil des auteurs des violences conjugales.

Ce centre d’accueil s’inspirerait de celui d’Arras dans la Pas de Calais, le Home des Rosati.

Depuis 2008, sont hébergés en permanence 8 hommes pour des séjours de 3 semaines à plusieurs mois. Un travail thérapeutique intense et préventif y est pratiqué.

Les placements sont demandés par des juges du tribunal correctionnel. 500 hommes ont déjà été accueillis dans ce foyer.

Il en va de notre responsabilité d’élu.e.s d’apporter des réponses concrètes.

Monsieur le Maire qu’en est-il de ce projet souhaité par votre prédécesseur et son équipe ? Comptez-vous continuer à le porter et à le mener à bien ?

Nous voterons favorablement. Merci de votre écoute.

Delphine Borbon


Conseil municipale Ville de Lyon 19 novembre 2020

Rapport n° 2020/328 : Attribution au titre de la promo*on des droits et égalité pour un montant de 72 200€

Intervention de Delphine Borbon

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