Intervention de Gérard Collomb

Monsieur le président, mesdames et messieurs,

Il y a parfois quelques vrais moments de bonheur et moi j’en ai connu un lors de la dernière commission d’urbanisme, lorsque Madame Vessiller a présenté — comme elle vient de le faire devant nous — le projet de la ZAC du Vallon des hôpitaux, parce que c’est un projet pour lequel j’ai beaucoup travaillé. 

Mais c’est évidemment un de ces grands projets, donc quelquefois on peut dire un peu de mal. Un projet qui consiste à créer : 

  • 200 000 mètres2 de surface bâtie, 
  • 112 000 mètres2 pour 1 500 logements,
  • 46 000 mètresd’activité tertiaire et d’activité économique, 
  • 32 000 mètresde surface à vocation productive,
  • 5600 mètresde surface de commerce, 
  • 4300 mètresde construction d’équipements

Et ceci, comme vient de l’indiquer Madame Vessiller, dans un site extrêmement sensible.

Aujourd’hui cette ZAC Vallon des hôpitaux est un espace très paysagé, avec une faune et une flore particulièrement exceptionnelle : des hirondelles et des martinets, des mammifères… pour lequel on va construire un certain nombre de passages sous les nouvelles voiries que l’on doit créer.

Tout ceci me faisait penser à ce que nous faisions lors du Grand Montout. Je pensais que ce projet — que j’avais lancé — ne serait pas repris par la nouvelle majorité qui se disait contre les grands projets, contre ceux qui artificialisaient un certain nombre de sols et qu’elle ne voudrait pas les développer en périphérie. Qu’il fallait conserver la nature…

Tout d’un coup, j’ai vu que ce projet qui aurait pu par le passé être condamné par mes amis Verts, ce projet dont ils n’ont pas été les ardents défenseurs lors de la campagne électorale, ce projet dévoreur d’espace est devenu un projet de quartier durable. 

C’est la magie du changement de position. Quand on passe de l’opposition à la majorité, ce qui vous semblait impossible dans le temps tout d’un coup devient possible. 

En fait, c’est un très beau projet que nous avions lancé lorsque nous avons décidé de poursuivre la construction du métro pour aller d’Oullins jusqu’aux hôpitaux sud. 

Ces hôpitaux sud étaient évidemment très mal desservis. On ne pouvait y arriver que par les voiries relativement étroites. 

Notre projet était donc de desservir ce secteur en amenant le métro et ainsi mettre en relation à la fois cet espace du Vallon des hôpitaux, dont l’hôpital Lyon Sud fait preuve d’excellence dans notre système hospitalier, avec la ZAC de la Saulaie d’Oullins et le parc biotechnologique de Gerland. En créant ainsi un arc qui permettrait de développer l’ensemble des industries de la santé dans ce secteur à Saint-Genis-Laval. 

Je ne pensais pas que vous iriez sur la réalisation de ce projet exceptionnel, mais qui pouvait soulever un certain nombre de résistances.

Lorsque nous avons créé cette prolongation du métro, nous avons su anticiper. La réalisation d’un métro prend du temps, mais elle permet aussi d’avoir de très beaux projets qui mêlent à la fois urbanisation et créations d’espaces publics. 

Nous avions, en effet, prévu 30 hectares consacrés à l’urbanisation, mais aussi 20 hectares qui permettent de protéger les espaces naturels, de mettre en valeur les paysages, de protéger la faune et la flore de ce secteur. Ce sera sans doute un des plus beaux endroits de l’agglomération lyonnaise demain.

Vous allez surement me reprocher d’avoir prévu de réaliser le bouclage du périphérique, l’anneau des sciences, mais tout ceci pour essayer d’éviter — comme cela va être le cas dans les prochaines années lorsqu’on aura développé ce projet — que la circulation en surface ne soit trop dense.

Je sais que les élus du secteur s’en inquiètent et qu’ils disent, par exemple, compliqué de mettre un parc de stationnement de 900 places et un autre parc de 500 places pour les HCL, puis de risquer d’avoir une circulation qui s’accroît sur toutes les voiries secondaires. Sujets dont le commissaire enquêteur fait par ailleurs référence.

Ce que nous voulions c’est que les voitures soient plutôt en souterrain, que l’on puisse profiter de l’espace à la surface. Comme cela a pu être fait dans un certain nombre de grandes villes européennées, par exemple dans une ville comme Madrid où ils ont enterré les souterrains qui traversaient l’ensemble de la ville et où ils ont planté de belles forêts.

Je sais que le Maire de Lyon est pour les plantations. Imaginez ce que nous aurions pu faire avec la création de cet ensemble métro/Anneau des sciences… Anneau des sciences parce qu’il joignait effectivement le biodistrict aux hôpitaux ! 

Monsieur le Président, je suis sûr que dans quelques années vous reprendrez ce qui est nécessaire : le bouclage de ce périphérique et qu’ainsi nous n’aurons plus en surface des voitures qui encombreront l’ensemble des rues secondaires de ce secteur de l’agglomération.

Gérard Collomb


Conseil de la Métropole de Lyon du 16 mars 2021

Dossier 2021-533 : Urbanisme, habitat, logement et politique de la ville – Saint-Genis-Laval – Zone d’aménagement concerté (ZAC) du Vallon des hôpitaux – Déclaration de projet et levée de réserves à la suite de l’enquête publique unique – Mise en compatibilité du plan local d’urbanisme et de l’habitat (PLU-H) – Déclaration d’indemnité cau fonds stratégique de la forêt et du bois (FSFB) – Mise en oeuvre de la compensation environnementale

Intervention de Gérard Collomb

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