À l’occasion de ce rapport visant à tirer le bilan de la concertation sur la modification numéro 3 du PLU-h, permettez-moi de vous faire part de notre inquiétude sur la politique menée. Qu’elles aient trait au développement économique, à la réalisation de logements, je ne parle même pas de la politique de mobilité, qui pour les Grands Lyonnais s’apparente à une politique d’immobilité.

Sur le plan économique, Je ne reviendrai pas sur l’aberration qu’il y a supprimer 100 000 m² de constructibilité en matière d’activité tertiaire, mais aussi de logements sur la Part-Dieu ; notre groupe aura l’occasion de s’exprimer tout à l’heure.

Je veux juste souligner la contradiction qu’il y a entre l’orientation définie dans votre modification numéro 3, où vous écrivez qu’il faut favoriser la construction autour des gares, avec je cite « une densité à privilégier ». Les décisions de réduction que vous prenez sur la Part-Dieu, dont la gare concentre desserte internationale, nationale, régionale et nous espérons tous un jour desserte RER. 

C’est évidemment totalement contradictoire et déraisonnable.

Je voudrais seulement pour ce qui est de la Part-Dieu, saluer le départ de monsieur Ludovic Boyron, dont tous les élus les connaissent le grand professionnalisme et l’engagement total sur ce projet depuis 10 ans.

Comme explication, vous nous dites quelquefois que si vous voulez réduire la constructibilité sur la Part-Dieu c’est pour mieux développer les pôles économiques dans la périphérie. Soit, la Part-Dieu ne représente que 18 % des mètres carrés placés. Mais cette volonté se trouve contredite par les décisions que vous nous proposez, à savoir la suppression de 58 hectares de zones à vocation économique dans toute une série de communes : Genay, Limonest, Saint-Genis-Laval, Grigny, Saint-Priest, Mions et Vénissieux.

Ainsi donc, c’est globalement que vous réduisez sur notre agglomération la capacité à développer notre économie.

 Monsieur le Président, même si désormais vous n’affirmez plus dans des salons comme Globale Industrie que Lyon n’a plus besoin de nouvelle dynamique économique et que les entreprises peuvent aller s’installer à Bourg-en-Bresse ou à Saint-Étienne. 

Vous comprendrez que nous nous étonnons de l’écart qu’il peut y avoir entre votre discours et les politiques mises en place par vos vice-présidents.

Certes, comme notre agglomération et depuis quelques années sur une dynamique ascendante et qu’elle peut s’appuyer sur les chefs d’entreprise de grand talent, comme vous l’avez vu vendredi dernier lors de la journée organisée par le Medef. Il faudra quelque temps avant qu’on puisse constater que l’agglomération est en train de régresser sur le plan économique.

Mais c’est sur le plan de la construction de logements que les problèmes les plus immédiats vont se poser.

Entre 2001 et 2017, où j’ai exercé les fonctions de président de la Métropole de Lyon, on produisait 9 000 logements par an – 10 000 même dans les dernières années — avec 4000 logements sociaux.

Lyon représentait sur ce total 3500 logements, dont 1700 logements sociaux.

Depuis la construction de logements neufs n’a cessé de baisser, du fait d’abord des conditions de révision du PLU-H. On s’aperçoit que parfois on me trouvait un peu directif lorsque j’étais président de la métropole. Mais à trop vouloir concerter on finit par ne plus réaliser. C’est ce qui s’est d’abord passé et la révision du PLU-H, je vous l’accorde, a traîné en longueur. 

Mais la pression Verte fait le reste, Monsieur le Président, parce qu’aujourd’hui si les Verts ne veulent plus construire c’est parce qu’ils ont peur qu’une association Vertes se lève et leur dit « mais comment vous bouchez le paysage, vous empiétez sur la nature » et donc plus personne ne veut construire.

D’ailleurs dans le progrès récemment, un collaborateur d’élu disait « Maire bâtisseur Maire battu ».

Toujours est-il que depuis de cette date le nombre de constructions de logements n’a cessé de baisser.

On pouvait penser qu’après les élections, la situation allait se rétablir votre majorité n’avait-elle pas fixé un seuil extrêmement élevé de logements à construire, de logements sociaux, 6000 par an.

Or non après on s’aperçoit que les chiffres de la construction de logements sont au plus bas. Le magazine se loger annonçait 3000 logements construits en 2021, +400 en bloc. Nous saurions donc si ces chiffres sont vrais à 3500 logements réalisés à la fin de l’année. Avec un triple résultat. 

On m’accusait souvent d’être à l’origine de l’augmentation des prix sur la Métropole de Lyon. Et bien, en un an, ils ont augmenté de 8,5 % !

Deuxièmement, comme on ne trouve plus de logements à acheter à Lyon les acquéreurs et les promoteurs se rabattent sur la 3e couronne, où ils font là aussi augmenter les prix dans le Rhône, mais aussi la Côtière de l’Ain et le nord-Isère. 

Quelques exemples d’augmentation le prix : 

  • Miribel +19,9 %
  • Montluel +14,2 %
  • Beynost +11,3 % 

Enfin, troisième conséquence sur la 3e couronne, on ne peut pas se déplacer aisément par transport en commun. Comme les gens sont obligés du fait de votre politique d’aller dans cette 3e couronne, cela fait augmenter le nombre de personnes obligées de se déplacer en voiture. La politique urbaine de la majorité actuelle aboutit donc au contraire des objectifs qu’elle pouvait afficher avec un étalement urbain et une thrombose du point de vue de la circulation. 

Et cela a un effet temporaire, hélas, je ne le crois pas. Certes la majorité annonce toujours un objectif de 8000 logements, avec pour moi toute une série de bémols :

D’abord elle comptabilise 6000 logements sociaux, dont dans 1000 en BRS, il ne resterait donc, selon ses annonces, que 2000 logements d’acquisition libre. Inutile de dire l’augmentation des prix.

Cela n’est pas tout à fait exact puisse vous acquérez un certain nombre d’immeubles pour en faire des logements sociaux. Mais dans ce cas ce n’est qu’un transfert de population et ce ne sont pas de nouveaux logements qui sont construits. Il n’y a pas une offre supplémentaire.

Enfin lorsque l’on analyse la nouvelle modification du PLU-H on s’aperçoit que tout concourt à ce qu’on renchérisse les prix dans notre agglomération. Volonté de densifier, augmentation du coefficient de pleine terre végétalisée de 5 à 10 % — cela concernerait 450 hectares — les utilités d’employer des matériaux géosourcés et biosourcés — dispositions prises sur la Ville de Lyon par la Charte de la ville qu’elle a élaboré. 

Tout cela va renchérir les prix et faire que l’on va moins construire dans la Métropole de Lyon.

Par ailleurs, alors que l’on procède à des opérations de rénovation urbaine dans les différentes communes pour équilibrer sociologiquement la population, en se donnant comme objectif d’avoir 6 logements sur 8 en logements sociaux, on va évidemment reproduire ce que l’on combat par ailleurs.

J’ai peur que vous meniez la même politique que dans les années 60/70. On en voit aujourd’hui le résultat, il est catastrophique. Il est temps de changer de ligne, Mesdames et Messieurs de la majorité.


Conseil de la Métropole de Lyon du 27 et 28 septembre 2021

Dossier N° 2021-0702 – urbanisme, habitat, logement et politique de la ville – Modification n° 3 du plan local d’urbanisme et de l’habitat (PLU-H) de la Métropole de Lyon – Arrêt du bilan de la concertation

 Intervention de Gérard Collomb

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