Lundi dernier, nous avons appris par voie de presse, la décision de l’exécutif métropolitain de couper les subventions au budget de la French Tech (70 000 € sur un budget global de 350 000 €).

Cette décision est incompréhensible et révèle une mauvaise compréhension de l’écosystème numérique métropolitain en général et des start-up en particulier.

La French Tech One Lyon-Saint-Etienne représente la seconde implantation française de la French-Tech après celle de Paris. Le tissu entrepreneurial numérique lyonnais compte 7 000 entreprises pour 50 000 emplois. Une vitrine d’excellence pour notre territoire. 

Il s’agit d’un important vecteur d’innovations, à même d’accompagner la transition énergétique et écologique. Ainsi, comment pouvons-nous envisager d’encadrer mieux notre consommation énergétique sans le déploiement de smartgrids, ces réseaux intelligents et connectés ?

A l’inverse, ce mardi, nous avons appris, toujours pas voie de presse, non pas la fin d’une politique mais le lancement d’une nouvelle avec l’opération « À chacun son vélo », prêt de 10 000 vélos à destination de la jeunesse. 

S’il est difficile de se prononcer sur les contours d’un dispositif qui n’a pas été délibéré et voté ni fait l’objet de la moindre présentation aux élus métropolitains, plusieurs interrogations subsistent : 

  • Quelles synergies avec le réseau Vélo’v de vélos en accession libre déjà existant ?
  • Quid du stockage des vélos mis à disposition des jeunes alors que ces derniers vivent souvent dans des petites surfaces, sans espace de stationnement sécurisé ? 

Dans le cadre du groupe de travail « précarité étudiante » dont nous avions obtenu la création, nous avions notamment proposé la création d’un abonnement unique TCL/Vélo’V, proposition restée sans suite.

Rappelons tout chose égale par ailleurs, que le prix d’un abonnement Vélo’V pour les -25 ans est de 16,5€/an. 

Le coût de l’opération de 4 millions d’euros nous interroge donc avec un coût de revient de 400 €/pièce pour des vélos reconditionnés.  

Bruno Bernard justifie ce coût par la création de quelques dizaines d’emplois d’insertion et sa volonté de développer « une filière vélo régionale d’excellence avec la plus grande flotte de vélos recyclés en location longue durée en France. »

Le contraste est tout autant vertigineux qu’il est frappant : demain, nous ne serons plus leader dans le domaine des nouvelles technologies et du numérique mais champions de France de la filière du vélo recyclé.

L’exécutif Vert-Rouge-Rose a un vrai problème d’échelle dans sa compréhension des politiques de développement économique et d’engagement en faveur de l’environnement. 

Contrairement à l’exécutif métropolitain, nous ne pensons pas qu’il faille opposer l’échelle de la révolution culturelle que nous vivons avec le développement de la pratique du vélo à l’échelle de la révolution technologique et numérique, déterminante dans la réussite de la transition écologique et pour le développement économique de demain. 

Nous pouvons à la fois développer une filière vélo d’excellence tout en faisant fructifier nos secteurs d’innovation numérique. L’un n’empêche pas l’autre, ces deux objectifs ne doivent pas être opposés, mais complémentaires. 

La situation est d’autant plus paradoxale que de nombreuses structures mentionnées dans le dossier de presse pour mettre en avant le cluster vélo MAD sont des start-up, la strat-up Addbike faisant même partie… de la French Tech !

Après la réduction de 5% de la subvention à l’agence de développement économique ADERLY et la fin programmée de la politique d’accueil des entreprises à travers la modification n°3 du PLU-H, ces deux annonces du Président de la Métropole ne sont pas des actes isolés.

Déjà lors du huis-clos de la commission permanente du 26 avril 2021, d’un côté, la majorité métropolitaine actait l’augmentation de 50 000 € de l’enveloppe attribué au cluster vélo MAD (de 50 000€ à 80 000€ soit +60% en 1 an) qui gère aujourd’hui l’opération « « À chacun son vélo ».

De l’autre, elle diminuait dans le même temps de 7 600 € l’enveloppe attribuée au pôle de compétitivité Tenerrdis, de 13 000 € l’enveloppe au Cluster Lumière et supprimait complétement les 50 000€ de subventions à EDEN, cluster des secteurs de la défense, de la sécurité et de la sûreté. [cf délibération n°2021-0435 du 26/04/2021]

Les Verts semblent aujourd’hui vouloir mettre en jachère des pans entiers de notre économie voir démanteler méthodiquement certains secteurs, indûment perçus comme des obstacles à l’écologie politique. 


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