Monsieur le Président, Mes chers collègues,

Enfin !

Après plus d’une année sans nous réunir, je suis heureux que nous puissions nous retrouver physiquement en Conseil de la Métropole. 

Nous, élus, en avions besoin ; notre assemblée en avait besoin ; notre débat démocratique en avait besoin.      

Depuis près d’un an, le débat dans notre assemblée a été tenu en laisse. La visioconférence ne permettait nullement de faire vivre correctement la richesse de nos échanges.

Alors que la crise démocratique couve et que notre institution est souvent perçue comme hors-sol, il nous fallait faire atterrir nos débats physiquement et les ancrer dans l’enceinte symbolique de notre assemblée. 

Car il faut se le dire clairement : la crise sanitaire n’est pas terminée. Et comme tous les Français, il nous faut vivre avec le virus. Il nous fallait donc trouver des solutions sans quoi, à ce rythme, nous risquions de ne jamais plus nous réunir sous ce mandat !

Et je sais que chacun ici aura à cœur de donner une image d’exemplarité concernant le respect des règles sanitaires. Sans cela, le temps sera long avant que l’on ne puisse, à défaut de faire tomber les masques politiques, au moins ceux sur nos visages.

Et le temps passe : 18 mois ! 550 jours ! Presque un tiers du mandat !  

Monsieur le Président, ce Conseil Métropolitain est votre premier vrai Conseil en tant que Président.

Le Conseil où vous allez devoir défendre le premier bilan de votre politique. 

Le premier Conseil où vous ne pourrez pas vous défiler lorsque nous vous interpellerons, les yeux dans les yeux avec les Grands Lyonnais pour témoins.

Car depuis 18 mois, nous attendons encore le signe que votre mandat de Président commence enfin et nous demandons si nous aurons encore à subir cela pendant 4 ans. 18 mois donc à se demander :

Quand allez-vous arrêter de nous prendre pour un caillou dans votre chaussure ?

Les élus métropolitains de la majorité comme de l’opposition ont une expérience à apporter à notre collectivité. 

Comme souvent avec vous, il a fallu en venir au rapport de force avec article de presse et demande formelle au titre du règlement intérieur pour obtenir que vous consentiez à ouvrir le chantier du rôle du conseiller métropolitain. 

Enfin ! 18 mois après le début du mandat, 10 mois après l’avoir acté dans le Pacte de Cohérence Métropolitain.

Et c’est une première. Car avec vous, nous ne cessons de nous demander :

Quand allez-vous répondre à votre opposition ? 

Nos demandes en commissions, nos courriers et nos interpellations en séance ne reçoivent le plus souvent aucune réponse. 

Encore une fois, lors de la dernière commission permanente, tous les groupes vous ont fait part d’exemples très précis de demandes n’ayant pas obtenues réponses, alors même que certains engagements avaient pu être pris à ce propos.

Comme souvent, en l’absence de public, vous ne nous avez rétorqué que votre silence méprisant !

Que doit-on penser des groupes de travail où l’on nous demande de nous prononcer sur un document qui est tronqué ? Des commissions où l’on ne présente aucun support d’information aux conseillers métropolitains ?

Vous ne respectez pas manifestement pas le droit d’information des élus métropolitains pourtant garanti dans la loi et inscrit dans notre règlement intérieur.

Car au fond, vous ne considérez ni votre opposition ni même votre majorité. Je pense même que le débat démocratique de nos instances est quelque chose qui vous ennuie profondément.

Quand allez-vous comprendre qu’on ne peut pas prétendre à un débat démocratique de qualité lorsque l’on ne se retrouve que 5 fois par an ?

Nous nous voyons trop peu avec de ordres du jour trop chargés. Qui ici peut prétendre pouvoir suivre avec toute l’assiduité nécessaire nos 18h de débats répartis sur 2 jours complets ?

Vous êtes le maître de l’ordre du jour et cela est bien pratique pour noyer les sujets importants sous une masse de rapport qui n’ont rien à faire ici, mais relèvent des affaires courantes d’une commission permanente dont l’ordre du jour est bien souvent famélique.

Nous aurons l’occasion d’en reparler demain avec la situation de la place Gabriel Péri que vous avez habilement dissimulée en fin de séance, lorsque la lassitude saisit votre opposition et nos spectateurs.

C’est toute l’organisation des instances sous ce mandat qui est à revoir ! Car, avec des réunions organisées en plein milieu de journée et des instances réparties sur plusieurs journées consécutives, votre gouvernance participe à évincer les élus qui ont fait le choix de maintenir une vie professionnelle active.

Dans votre majorité, ils sont nombreux ceux à se voir non pas comme élus mais comme des agents astreints au régime de la fonction publique et aux 35H !

Ils sont nombreux ceux de vos Vice-Présidents à se prendre pour des chefs de service !

Élus sur une promesse de renouvellement démocratique avec une génération issue de la société civile, vous menez pourtant un processus actif de professionnalisation politique d’élus souvent issus des milieux associatifs ! 

Quand comprendrez-vous que vos pratiques sont aux antipodes des attentes des Grands Lyonnais ?

Ce n’est pas le moindre de vos paradoxes mais pour un parti construit sur une critique de la centralité du pouvoir, vous vous êtes quand même parfaitement coulés dans le Présidentialisme de la fonction. 

Peut-être est-ce parce que vous ne faites confiance à personne. Pas même à votre majorité qui vous a déjà fait défaut. 

Cela expliquerait peut-être le retour de pratiques de cumul des mandats et de fonctions que l’on pensait révolues et que vos prédécesseurs n’auraient même pas osé envisager.

Vous êtes le Président de la Métropole, du SYTRAL et de nombre d’organismes associés. Vous avez entre vos mains tous les leviers disponibles, tous les pouvoirs.

Pourtant personne ne vous voit. Qu’il s’agisse des syndicats de la Métropole qui édictent des tracts sur votre absence, des agents du SYTRAL qui ne vous ont jamais croisé et des acteurs de terrain qui se désespèrent de vous rencontrer.

Tout au long de ses derniers 18 mois, vous avez souvent été plus prompt, notamment pendant la campagne des régionales, à commenter la situation politique d’Europe Ecologie Les Verts plutôt qu’à défendre les dossiers de la Métropole et du SYTRAL.

Quand arrêterez-vous de vous comporter comme le « Monsieur  Élections des Verts » et vous adresserez-vous aux 68% d’électeurs n’ayant pas voté pour vos listes au second tour des élections métropolitaines ?

Alors que votre collègue Grégory DOUCET subit régulièrement l’indignation publique pour des sujets relevant parfois de la compétence métropolitaine, vous demeurez bien à l’abri dans votre bureau.

Nous ne vous ferons pas le procès de dire que vous êtes à l’origine de la faible connaissance qu’à le grand public de notre Métropole. C’est un sujet ancien que le suffrage au scrutin universel direct aurait dû en partie résoudre. 

Mais force est de constater que votre faible incarnation de la fonction participe pleinement à continuer à faire de la Métropole une instance qui ne parle pas aux gens et fait de vous l’inconnu le plus puissant de France.

Quand comprendrez-vous qu’on n’exerce pas la fonction de Président de la Métropole depuis son bureau ?

Il faut aller toujours sur le terrain. Faire une visite expresse d’une heure avec tous les maires des petites communes est clairement insuffisant pour désamorcer la crise institutionnelle latente. 

Que penser lorsque pendant les vacances de la Toussaint, tous nos mails tombent sur un message d’absence et qu’il ne semble y avoir presque plus personne pour assurer une permanence ? La Métropole a-t-elle un pilote 365 jours par an en cas de crise ?

Est-ce pour cela qu’il a fallu attendre 10 jours pour que vous répondiez au courrier du ministre de l’Intérieur sur le dossier Interpol ?

Être Président de la Métropole, c’est un sacerdoce. Une fonction plus grande que soi, qui nous dépasse et demande un engagement total. Vos prédécesseurs pourront en témoigner.

Malheureusement, notre bilan des 18 mois, c’est que vous êtes le Président en charge de tout, responsable de rien et présent nulle part.

Monsieur Bruno BERNARD, quand endosserez-vous enfin le costume de Président de cette Métropole ? 

Je vous remercie.

Louis PELAEZ


Conseil de la Métropole de Lyon du 13 et 14 décembre 2021

Intervention préalable de Louis Pelaez

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