Une action immédiate était urgente ! Elle a pourtant tardé et demeure insuffisante…

Après avoir obtenu la création d’un groupe de travail en Conseil Métropolitain du 25 janvier, le groupe Inventer la Métropole de demain s’est pleinement investie dans ce dernier et a été source de nombreuses propositions, portées parfois collectivement avec d’autres groupes d’opposition. Si nous avons pu travailler ensemble pour l’intérêt collectif, force est de constater qu’aucune nouvelle mesure n’est prise.

Alors que l’exécutif se contente de tenter de justifier son inaction, nous avons a minima obtenu la relance du dispositif d’inclusion numérique des étudiants et du fonds de garantie des impayés de loyers lancés pendant le premier confinement, sous le mandat précédent.

Quelques petites avancées également du côté des transports et du SYTRAL où l’exécutif a également repris partiellement nos propositions.

Toutes les autres propositions, de l’opposition comme de la majorité, sont pour l’heure restées lettre morte.

Des amendements sont portés conjointement avec les autres groupes d’opposition centriste pour que ce groupe de travail ne demeure pas un coup d’épée dans l’eau.

Intervention de Louis Pelaez

Monsieur le Président, chers collègues,

Je ne reviendrai pas sur le constat, désormais bien connu de tous : notre jeunesse est dans une situation critique. 

En tant que collectivité, nous avons la responsabilité d’agir, à notre niveau, pour prendre en compte ces besoins. 

C’est dans cette idée qu’avec mon groupe « Inventer la Métropole de demain », nous avons proposé la création d’un groupe de travail sur la précarité étudiante en amont du Conseil Métropolitain du 25 janvier dernier.  Proposition acceptée par tous les groupes politiques.

Nous nous sommes alors mis au travail pour trouver des solutions par des mesures d’urgence pour notre jeunesse. 

Nous nous sommes pleinement investis dans ce dernier et avons été source de nombreuses propositions, portées parfois collectivement avec d’autres groupes minoritaires.

Alors, certes on pourrait regretter la méthode avec laquelle a été menée ce groupe de travail : une situation où l’on semble vouloir gagner du temps en multipliant les auditions pendant 3 semaines sans discuter des propositions des groupes. 

Alors qu’il aurait été possible de mener de front les auditions et un temps de débat sur le fond de nos propositions.

On pourrait également discuter du fait que la dernière séance du groupe de travail n’ait pas tant été un temps d’échange sur le fond qu’une explication du Vice-Président sur pourquoi telle ou telle mesure serait retenue ou non par l’exécutif.

On pourrait enfin regretter que la première réponse apportée à notre contribution commune de groupes centristes ait été plutôt discourtoise avec une conférence de presse du Président chez GAELIS, reprenant nos propositions sur le volet transports. 

Preuve s’il fallait encore le démontrer de la pertinence de nos propositions… mais également qu’une bonne idée ne souffrira jamais d’un problème de reconnaissance de paternité.

De l’impression générale, en somme, que ce groupe n’ait pas tant été un groupe de travail qu’un groupe d’information pour occuper les conseillers métropolitains que nous sommes, dans l’attente que l’exécutif tente de se rattraper politiquement sur le sujet de la précarité de notre jeunesse. Sujet sur lequel vous étiez complétement passé à côté de l’enjeu. 

Mais le fond est là : nous sommes capables de travailler ensemble et nous groupe se réjouit d’avoir été à l’origine de cette démarche.

Car oui Monsieur le Président, nous ne sommes pas dans une opposition stérile de principe. Nous aussi pouvons mettre à profit notre expérience et notre point de vue au service des politiques métropolitaines.  

Si votre opposition, malgré ses différences, a su se mettre d’accord a minima sur le fond, pourquoi ne pourrait-il pas en être autant avec une majorité comme la vôtre qui prône sans cesse la concertation et la co-construction ?

Car au fond, la délibération que vous nous proposez nous donne l’impression que vous nous avez écoutés mais pas entendus.

Car si une action immédiate était urgente, elle a pourtant tardé et demeure insuffisante.

Force est de constater que par cette délibération, aucune nouvelle mesure n’est prise.

Vous passez toute la délibération à vous justifier de ce qui a déjà été fait, par vous et par les acteurs de terrains. 

Et vous le faites d’ailleurs fort bien…dans la continuité du groupe de travail où Monsieur le Vice-Président a bien passé 3 séances à nous faire comprendre que ce groupe de travail, il n’en avait pas voulu, que c’était une demande des groupes politiques.

Alors que vous tentez de justifier l’absence de nouvelles mesures, nous avons a minima obtenu la relance du dispositif d’inclusion numérique des étudiants et du fonds de garantie des impayés de loyers.

Deux dispositifs pourtant déjà lancés pendant le premier confinement, sous le mandat précédent. 

Des avancées également du côté des transports et du SYTRAL où comme je l’ai dit plus tôt, vous avez repris certaines de nos propositions notamment concernant la résiliation anticipée des abonnements.

Quant aux remboursements des mois de janvier et février 2021, nous regrettons qu’il ne soit réservé qu’aux seuls étudiants boursiers. 

Toutes les autres propositions, de l’opposition comme de votre majorité, sont pour l’heure restées lettre morte.  

Chers collègues des différents groupes de la majorité, êtes-vous satisfait de cette délibération qui ne reprend aucune des propositions de vos contributions respectives ?

Pensez-vous que l’action de la Métropole est bien suffisante pour notre jeunesse ?

Par cette délibération, vous ne consacrez que 250 000 € de crédits supplémentaires aux étudiants. 1.5€ par étudiant de notre Métropole en somme hors aides SYTRAL.

Même si nous ne sommes efforcés dans nos contributions de ne pas faire de propositions démagogiques, infinancables ou ne relevant pas de la compétence de la Métropole… force est de constater que le soutien aux étudiants est faible.  

Alors certes, les moyens financiers ne font pas tout et que beaucoup existe déjà.

Le rôle de la Métropole ne doit pas être de multiplier les doublons mais de prendre la tête de pont de l’organisation du soutien aux étudiants, coordonner les actions et utiliser sa force de frappe communicationnelle pour médiatiser et faire les vivre les initiatives.

Et cela fonctionne ! Regardez le nombre d’acteurs de la société civile, des entreprises qui se sont mobilisés pour accomplir leur part suite aux annonces de la Métropole

Même si vous estimez avoir tout bien fait, qu’il n’y a pas le besoin d’en faire plus : il faut déjà faire connaître les dispositifs existants.

Il y a le « faire et le « faire-savoir ». 

C’est là le sens de notre premier amendement porté conjointement avec les autres groupes centristes de notre assemblée.

À titre d’exemple, avant nos alertes, l’information n’était plus disponible pour déposer un dossier au titre du fonds d’impayés des loyers sur la plateforme Toodego. 

C’était aux bailleurs privés de faire le lien avec les locataires… on comprend tout de suite pourquoi ça ne pouvait pas fonctionner.

Pour que ce groupe de travail ne demeure pas un coup d’épée dans l’eau, il est indispensable de faire un suivi régulier des avancées. C’est là le sens de notre deuxième amendement commun. 

Monsieur le Président, nous vous exhortons à prendre en considération ce que les conseillers métropolitains ont à vous apporter qu’ils soient dans votre opposition … ou même dans votre majorité.

Car sur ce sujet, comme sur bien d’autres, nous pensons que nous avons mieux à offrir aux Grands Lyonnais que nos divisions. 

Je vous remercie. 


Conseil de la Métropole du 15 mars 2021

Dossier 2021-560 : Lutte contre la précarité des étudiants – Attribution d’une subvention exceptionnelle à la communauté d’universités et établissements (COMUE) de Lyon dans le cadre du soutien à une meilleure inclusion numérique des étudiants – Individualisation complémentaire d’autorisation de programme

Intervention de Louis Pelaez

One Reply to “Lutte contre la précarité des étudiants : trop peu, trop tard, trop rien…”

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