Le 19 janvier 2021, les élus écologistes de la Ville de Lyon et de la Métropole de Lyon se sont prononcés pour la fermeture de la centrale du Bugey, dans l’Ain. 

Argumentant que « pour garantir la sécurité et la santé des habitants et aller vers une région écologique et solidaire »,  il faut une fermeture de la centrale avant 2024.

Louis Pelaez est intervenu au début du conseil de la Métropole du 25 janvier pour questionner cette prise de position qui n’engage pas seulement la majorité, mais l’institution elle-même.

Souhaiter la fermeture de la centrale nucléaire du Bugey, c’est souhaiter l’obsolescence programmée du moyen de production électrique le plus bas carbone.

Nous pouvons débattre de ces sujets. Nous devons débattre de ces sujets.

Par cette annonce les verts ne font pas de l’écologie mais de l’écologisme !

Intervention de Louis Pelaez

Il nous paraît indispensable d’intervenir lorsque des membres de votre majorité prennent publiquement position sur des enjeux aussi importants que ceux du mix électrique de la Métropole de Lyon.

Tout le monde l’aura compris, je veux bien évidemment parler des déclarations en faveur de la fermeture de la centrale nucléaire du Bugey.

Tout d’abord, ces déclarations nous interrogent sur les rapports de notre Métropole avec ses voisins. Cette prise de position de la part du groupe majoritaire et de membres de l’exécutif ne vous engage pas seulement. Elle lie également la parole de notre institution, de notre collectivité dont vous êtes les représentants.

Pour justifier votre position, vous invoquez l’argument de l’âge de la centrale et de possibles manquements à la sureté. L’âge de la centrale n’est pas un argument en soi.

Ce n’est pas l’âge de la centrale mais l’état de la cuve du réacteur qui est déterminant pour le maintien ou non de l’exploitation :

  • 40 ans, ce n’est pas la durée de vie de la centrale mais la durée de garantie minimum de fonctionnement. 
  • 40 ans, c’est simplement la période utilisée pour calculer l’amortissement économique de la centrale. 

Fermer la centrale alors que toutes les conditions sont réunies pour continuer son exploitation serait comme se débarrasser de tous vos appareils ayant dépassé leur garantie. 

C’est de l’obsolescence programmée. Pas de l’écologie mais de l’écologisme. 

Il s’agit bien ici d’arbitrer les priorités : préférez-vous lutter aujourd’hui contre le réchauffement climatique ou fermer idéologiquement une centrale faiblement émettrice en état de fonctionnement ? 

Car rappelons les faits : avec 0.6 gramme de Co2 par kWh produit, le nucléaire est le moyen de production électrique le plus bas carbone. Devant les énergies renouvelables !

Et je ne reviendrai pas sur le caractère pilotable de cette énergie ne dépendant ni du vent ni du soleil.

Il nous faut un débat mené avec la science sur ces sujets : 69% des Français et 86% des 18-34 ans pensent que le nucléaire contribue à la production de gaz à effets de serre et au dérèglement climatique. 

La fermeture de Fessenheim a été un désastre environnemental, économique et social avec 6 à 12 millions de tonne de C02 supplémentaires émises par an lié à l’exploitation d’une centrale à charbon en compensation du nucléaire.

Non, le nucléaire n’est pas une énergie parfaite. 

Aucune énergie ne l’est. Les énergies renouvelables ont aussi leur face sombre.

Oui, nous sommes confrontés à de grands défis : qu’il s’agisse de garantir la sureté et la sécurité de nos installations, de traiter nos déchets, et du devenir de cette technologie.

Oui, il faut prendre maintenant des décisions concernant notre futur énergétique pour éviter un effet falaise et l’effondrement de nos capacités de production due aux fermetures consécutives de nos centrales.

Nous pouvons débattre de ces sujets. Nous devons débattre de ces sujets.

Car au fond, la lutte contre le nucléaire est un totem chez vous. Elle est constitutive de votre identité, de votre construction politique.

Je sais pourtant que cette question fait débat jusque dans vos rangs avec l’arrivée d’une nouvelle génération d’élus, moins militants, de parcours scientifiques.

On peut être : opposés au nucléaire, penser que cette énergie doit être remplacée par d’autres moyens de production et s’opposer à une fermeture anticipée idéologique de la centrale. Mais ne jouons pas sur les peurs, ne propageons pas de la désinformation. Le débat public en sortira grandi.

Malheureusement, sur ce sujet, la différence entre de nombreux représentants de l’écologie politique et les climatosceptiques… c’est simplement la partie du rapport du GIEC qu’ils choisissent d’ignorer !

En somme, nous faisons pleinement confiance à l’Autorité de Sureté du Nucléaire, dans le cadre du grand carénage, pour prendre les décisions appropriées, si cela s’avérait nécessaire.

2 Replies to “Non à l’obsolescence programmée de la centrale nucléaire du Bugey !

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